Lundi 15 août 2011
1
15
/08
/Août
/2011
18:36
Pétain, Pinochet, Pol Pot, Politburo, police politique, police militaire, pouvoir pléthorique, potentat. Pourquoi
?
Pas pour moi !
Patate, purée et patatra !
Par P.
0
Samedi 4 avril 2009
6
04
/04
/Avr
/2009
23:56
Le dernier courrier anonyme parvenu à mon domicile m'a beaucoup décu. Il fut un temps plus
glorieux où la dénonciation avait du style, de la noblesse et du tempérament. La pauvreté du vocabulaire, l'approximation de l'orthographe et les redondances dans la formulation font
croire que le corbeau (est-il juste d'offrir à un imbécile atrabilaire la comparaison du noble animal ?), n'a pas su dans la forme, atteindre le même niveau que les fonds abysmaux vers
lesquels sa morve veut me plonger.
Il eut été plus flatteur pour moi que s'empare de m'engluer de glaise putride un astiste épistolaire.
Mais sans doute, n'a-t-on les corbeaux que l'on mérite, et en ces temps de crise immobiliaire, les grives se font rares quand les corneilles sont allées bailler ailleurs.
D'autant plus que, mis à part le texte et sa forme, l'objet même de cette lettre anonyme insultante m'a aussi procuré une peine mâtinée de nostalgie, car ce n'est pas un texte composé de lettres et
de mots découpés dans la presse et collés dans un alignement désordonné que j'ai recu, mais un texte vulgairement tapé sur un ordinateur et imprimé avec la technique laser qui ne donne pas même de
relief à cette feuille à la blancheur hautement chimique.
Me voilà donc, à l'heure des hautes technologies de communication et de l'image, égaré entre Internet et ses réseaux sociaux 2.0 d'un côté et effrayé par ces téléphones portables qui se
transforment en bonne-à-tout-faire, insulté d'une facon gratuite, pauvre, mesquine, sans élégance ni éducation.
Sali dans mon orgueil et dans mon âme, il ne me reste que le long cri de désespoir poussé dans le vide virtuel de la toile mondiale pour me rappeler que je suis vivant.
Pourquoi tant de corbeaux et si peu de Partisans en ce XXIe siècle ?
Est-ce l'anonymisation généralisée par le fichage et jointe à une surveillance accrue de tout ce qui respire ou bouge, accentuée par un individualisme de survivance que le néolibéralisme exacerbe
qui incite à ce genre de comportements dégradants et pervers ?
Est-il devenu plus valorisant de salir tout seul que de nettoyer à plusieurs ?
Par P.
0
Dimanche 1 mars 2009
7
01
/03
/Mars
/2009
23:09
Il déambulait dans les nombreuses salles du musée des Beaux-Arts de Buenos Aires et s'arrêta net devant
une représentation troublante de la boîte de Pandore datant du XIXe siècle. Du moins, lui était troublé, mais pas tant par la jeunesse de cette Pandora sinon que par le brutal rapprochement
avec son travail d'investigation. Cela faisait plusieurs semaines qu'il avait plongé corps et âme dans les profondeurs glauques du monde virtuel, de l'Internet, du web comme disaient les
anglosaxons. Plus il avait usé ses rétines sur la surbrillance de son écran d'ordinateur et plus il avait eu la sensation d'entrer dans un labyrinthe hypnotisant, fascinant, angoissant mais
terriblement attirant parce qu'effrayant, réveillant sans cesse les pulsions les plus obscures de son être. Sa question était donc de savoir comment décrire les avantages et les dangers de
l'Internet à quelqu'un qui ne saurait rien de l'iinformatique et qui n'aurait jamais utilisé un ordinateur. Internet était-il une immense bibliothèque ouverte à tous, une immense télévision
collective, un forum où pourraient se parler les personnes du monde entier, une sorte de paradis de l'échange culturel et de l'information, de l'entraide libre, gratuite et altruiste, un
immense et indispensable marché de la communication ? Ou bien, sans s'en rendre compte, l'humanité avait-elle enfin ouvert avec l'Internet sa propre boîte de Pandore ?
Ce qu'il avait pu voir, lire, écouter et télécharger durant ces quelques semaines avait été bien pire que la plus pssimiste des prédictions. Il avait envisagé au début de son travail de parler de
scandale, de dérive, de danger qu'il fallait prévenir. Il pensait à la censure, à la surveillance, à l'élargissement de certaines lois et surtout à l'éducation. Mais il avait dû à maintes reprises
reprendre tout son travail à zéro.
Car au delà de la pornographie, de la violence, de la désinformation et du lobbying, Internet avait permis le blanchiement d'argent, la communication terroriste, tous les traffics les plus sordides
et leur mise en image acccessible à tous. Mais sa thèse, à ce point ne valait rien, car Internet ne faisait que représenter une support supplémentaire qui permetait seulement de multiplier les
travers et perversiones humaines : sexe déviant, perversions, vol et recel, traffics en tous genres, etc. Rien de très nouveau en somme, comme lors de l'avènement du téléphone, du Minitel, du
téléphone portable ou des appareils photo numériques, une amélioration technologique de plus. Non ! Lui ressentaiot autre chose. Ce qu'il voulait démontrer était un danger d'une autre nature, il
voulait montrer que ce n'était pas le groupe humain qui était alors en danger de l'utilisation et du développement d'Internet, sinon l'individu lui-même et que ce qu'il préconisait pour le
collectif s'avèrerait inutile et vain pour l'individuel.
L'utilisateur, seul face à son ordinateur, seul face à ses idées, ses humeurs, ses failles, ses pulsions et désirs, ses frustrations et perversions, l'homme nu face à la machine, Ecce Homo ! Mais
une machine qui fait croire qu'elle est intelligente, qu'elle communique et le comprend alors qu'en réalité, c'est l'homme qui choisit les sites qu'il visite, les destinataires de ses courriers
électroniques, les videos qu'il télécharge, les photographies qu'il publie. Il est seul, l'ordinateur n'est qu'un miroir terriblement déformant qui renvoie à son subconscient.
Car sur Internet, on ne lit pas, on interprète, on ne regarde pas on devient voyeur, on ne réfléchit pas parce cette para-virtualité le fait pour vous.
Il n'y aurait donc pas de prévention possible, pas de remède sinon d'éteindre la foutue machine, couper les réseaux, débrancher. Bref, sa thèse était donc de supprimer Internet, comme on avait fini
par supprimer le tabac et qu'on s'apprêtait à supprimer l'alcool.
Sa thèse se radicalisait et devenait donc tout à la fois beaucoup plus pertinente mais désormais aussi très dangereuse : tous les industriels, commercants, professionels et trafiquants du
Net en deviendraient les ennmis et détracteurs. Les intérets financiers étaient gigantesques, sa motivation n'en devient que plus forte.
Passant par Buenos Aires, il comprenait qu' Internet serait la boîte de Pandore du genre humain du XIXe siècle et que le tableau qui l'avait inspiré pourrait être la couverture de son prochain
livre. Lui se contenterait de devenir un de ces nouveaux penseurs à la mode.
Il sortait en rêvant à son futur agité mais émoustillant, traversant sans émotion la salle consacrée à Auguste Rodin. Il se sentait un peu plus léger et se satisfaisait de ce choix
hasardeux d'avoir choisi Buenos Aires plutôt que Brasilia pour se changer les idées. Il songeait déjà aux nombreuses compilations de centaines de témoignages qui'il avait recueillis de personnes
qui avaient tenté, lors de leur procès ou sur des forum sur le web, ou encore dans des ouvrages consacrés aux suicides des temps modernes, ces témopignages à présent avaient un sens pour lui, celui
de mettre en cause non pas les mafieux, les pervers, les trafiquants, les manipulateurs, arnaqueurs ou les avides de pouvoirs, mais l'outil lui-même, l'ordinateur relier au réseau, outil
maléfique, dangereuse, véritable boîte de Pandore pour tout un chacun. C'était sans compter sur les mafias, les policiers et les hommes politiques. Ces trois groupes qui parfois savaient
s'entendre, dans certains pays, qui parfois savaient se mélanger et à certaines époque aussi parfois s'épaulaient ; ces trois entités sociales en avaient après lui.
D'avoir erré des nuits entières sur des sites de torture, de traffic de drogue, de vente de foetus, de paris clandestins en ligne, de téléchargement de films, de vente à distance de médicaments
interdit, de vente aux enchères d'oeuvres d'art volées... D'avoir publié régulièrement des billets sur des sites d'informations provocateurs, alternatifs et engagés... D'avoir fait confiance
aux soi-disants logiciels qui permettraient de surfer anonymement et en toute discrétion...
D'avoir voyagé souvent et de facon trop aléatoire pour ne par réveiller les soupcons de quelques douaniers désoeuvrés depuis les dernières lois antiterroristes... Tout son emploi du temps et ses
activités virtuelles en avait fait une proie facile. Mais une proie qu'il fallait réduire au silence de manière radicale et discrète. On choisit donc de sacrifier cent vingt-trois autres personnes
du vol JK456 en direction de Paris.
L'enquête conclue définitivement à une défaillance mécanique.
Par P.
0
Dimanche 8 février 2009
7
08
/02
/Fév
/2009
17:34
L'argent est-il le préservatif de l'humanisme ?
L'argent est-il sale et sans odeur ?
L'argent est-il le nerf de la guerre psychologique qui se joue entre les banques internationnales et les bourses nationales ?
L'argent est-il l'outil ou seulement le catalyseur de la création de richesses ?
Et si l'on parle de création de richesses comme d'un objectif positif à atteindre ou du moins à rechercher sans cesse, pourquoi demeure-t-il autant de pauvres et de morts de faim sur la planète
bleu comme une orange de Noël pour famille prolétaire ?
Dans le radicalisme actuel, trempé chaque matin aux sons des radios périphériques dans la peur absurde nourrie de l'ignorance ou du lavage de cerveau télévisuel de la veille, l'argent serait-il une
valeur refuge ?
Du genre : "je ne crains rien, je suis riche".
Du genre : "n'insistez pas, j'ai déjà donné".
Du genre : "l'argent ? ca eut payé !"
Alors, ces banques qui ont fait des bénéfices en pleine année de crise planétaire ont-elles menti ?
Alors, ces patrons qui continuent de toucher des salaires hallucinants et indécents ont-ils encore les moyens de leurs petites et mesquines aspirations ?
Oui mais il y a des patrons de gauche, tout comme il y a des restaurants anglais.
Il y a aussi des miliardaires de gauches, des hommes politiques de gauche qui aiment le caviar et habitent de beaux appartements à la facade en pierre de taille.
Il y a même des hommes de gauche qui acceptent de travailler pour le compte d'un régime de droite.
C'est vrai, faut pas être sectaire ! Il n'y a pas de honte à être né riche, on ne choisit pas sa famille, ni les trottoirs de Manille, ni de skier à Chamonix.
De même que ce n'est pas parce qu'on n'a pas le sou qu'il faut détester l'argent.
Gagner de l'argent ne doit être ni une honte, ni un esclavage.
Tout juste un passe temps ? Une mauvaise habitude ? Un hobby ?
Demandez donc aux traders qui jouent toute la jounée avec l'argent des autres s'ils ne souffrent pas du stress et de la surcharge de travail.
Tout ca pour quoi ?
Pour acheter, dépenser, gérer, posséder, montrer, spéculer, économiser, prévoir, acquérir, gagner plus, compter, recompter, accumuler, engranger, s'enrichir, grossir, investir... jusqu'au dernier
souffle de vie.
Pourquoi ne pas inscrire sur chaque billet de banque : L'ARGENT TUE !
Par P.
0
Jeudi 5 février 2009
4
05
/02
/Fév
/2009
21:57
Il disait beaucoup mais faisait peu ou pas du tout.
Il avait la parole facile, prolixe, parfois pesante.
Le verbe aiguisé, la phrase struturée -un rien alambiquée.
Il parlait beaucoup, tout le temps, laisser rarement respirer les silences qu'il tuait le plus souvent avant qu'ils ne s'en rendent compte.
Lui venaient les mots, les phrases, les idées, les pensées et toute la panoplie du parfait petit philosophe qui argumente sans trop vouiloir le dire, le montrer ou l'admettre.
Mais jamais il n'allia le geste àa la parole, jamais il ne fit un mouvement appuyant le mot.
Personne pour témoigner d'un quelconque engagement de sa part, ni une signature au bas d'une pétition, ni un bras levé dans une assemblée pour voter, pas même le transport d'un message de consigne
ou un coup de téléphone.
L'action lui était aussi étrangère que l'immobilité silencieuse.
Et sans même se demander s'il aura eu raison ou non dans ses propos et ses idées, son inaction, son immobilisme, s'apparenta à quelque chose se louche, de cloche, un rien covarde.
Les gens ont besoin de preuve, d'actes qui concrétise l'abstraction verbale, la virtualité idéologique.
Le peuple et même les amis ont besoin du passage à l'acte qui apuiera le propos.
Ses amis ont attendu en vain.
Son entourage s'est découragé à force de trop l'entendre et de ne pas le sentir frémir, trembler ou lever le petit doigt.
Lassés, les uns comme les autres, ils ne l'ont plus écouté comme ils avaient l'habitude de le faire, ils se sont détournés, sont devenus indifférents ou critiques.
Indifférents aux mots, aux phrases et aux idées de celui qui, seul pourtant, et de plus en plus seul, fut l'unique personne à les avoir mis en garde contre le danger... qui les tua
tous.
Par P.
0